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La morphologie des cours d’eau : le SEQ Physique

Le système d’évaluation de la qualité du milieu physique des cours d’eau - S.E.Q. Physique - s’intéresse à l’ensemble des paramètres influant la forme du cours d’eau et son fonctionnement hydrodynamique.

L’Agence de l’Eau Artois-Picardie a réalisé un diagnostic de ses cours en se basant sur cette méthode.

L’hydromorphologie d’un milieu aquatique correspond à ses caractéristiques hydrologiques (état quantitatif et dynamique des débits, connexion aux eaux souterraines) et morphologiques (variation de la profondeur et de la largeur de la rivière, caractéristiques du substrat du lit, structure et état de la zone riparienne) ainsi qu’à sa continuité (migration des organismes aquatiques et transport de sédiments). Elle résulte de la conjugaison de caractéristiques climatiques, géologiques, du relief et de l’occupation des sols.

Les altérations hydromorphologiques, qui modifient le fonctionnement naturel des cours d’eau, sont liées aux pressions anthropiques qui s’exercent sur les sols du bassin versant et sur les cours d’eau. Les obstacles à l’écoulement, la chenalisation, le curage, la rectification du tracé, l’extraction de granulats, la suppression de ripisylve, le drainage, l’irrigation, l’imperméabilisation ou le retournements des sols sont autant de sources d’altérations hydromorphologiques.

Ces dégradations physiques pouvent entraîner par exemple :

- la disparition et l’uniformisation des habitat
- l’interruption de la continuité écologique : isolement génétique, blocage des migrations ancestrales des espèces et des sédiments ;
- la modification du régime hydrologique ;
- le colmatage des substrats ;
- la déconnexion des annexes hydrauliques.

Depuis les années quatre-vingt-dix, diverses méthodes ont été développées dans les bassins pour évaluer la qualité physique des cours d’eau. Ces différentes méthodes (Evace, Qualphy, Seq Physique, Rom, REH), développées dans ou à partir des contextes locaux, répondent à des besoins spécifiques. Elles sont de ce fait trop hétérogènes pour en extraire une vision objective de l’hydromorphologie des cours d’eau sur la France entière. L’état des lieux des masses d’eau, réalisé en 2004, a synthétisé les données collectées par ces méthodes et les experts. L’hétérogénéité du rendu a conduit le ministère en charge de l’Écologie à mandater l’Onema et les Agences de l’Eau pour uniformiser au niveau national le langage et les méthodes de recueil et d’interprétation des données hydromorphologiques. La mise au point des nouveaux outils Syrah et CarHyCE s’inscrit dans cette démarche.

La méthode SYRAH (Système Relationnel d’Audit de l’Hydromorphologie) :

Elle a été mise au point par le Cemagref et développée à partir d’informations SIG pour estimer les pressions anthropiques qui s’exercent au sein d’une zone géographique ou sur un tronçon de rivière (urbanisation, agriculture, voie de communication, destruction des corridors rivulaires…) et en déduire les risques de présence d’altérations hydromorphologiques d’un cours d’eau ;

Le protocole CARHYCE :

Il a été mis au point par un groupe d’experts (Onema, Agences de l’eau, ministère chargé de l’écologie, Cemagref, CNRS) permet une caractérisation sur le terrain plus fine à l’échelle d’une station. Ce protocole est intégré au programme de surveillance de la DCE.