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Publié : 30 juin 2004

Rendre l’eau potable

L’eau du robinet est pompée dans les nappes souterraines (nappe de la craie et nappe du calcaire carbonifère). Elle est complétée par de l’eau de rivière (la Lys par exemple) prélevée près de la source. De la station de production d’eau potable jusqu’au robinet. Le distributeur d’eau veille à sa qualité sanitaire. L’eau du robinet est le produit alimentaire le plus contrôlé en France.

    • L’eau naturelle n’est pas directement consommable : il convient donc de la traiter afin de la rendre potable.

Avant d’arriver à nos robinets, l’eau captée dans la nature doit subir une série d’opérations dans une usine de pré-traitement : afin de répondre à toutes les exigences de qualité, des traitements adaptés, souvent sophistiqués, sont nécessaires. En fonction de la qualité de l’eau brute, les procédés de base et les traitements sont multiples.

- Procédés physiques. Ces procédés consistent à faire passer l’eau à travers des filtres et tamis, à la laisser décanter, à la filtrer sur des matériaux classiques (sables) ou absorbants (charbons actifs) et, parfois, à utiliser de l’air sous pression pour faire remonter diverses matières à la surface (flottation).

- Procédés physico-chimiques. Par l’ajout de réactifs, on parvient à une coagulation des matériaux en suspension, qui sont éliminés.

- Procédés chimiques. Certains éléments chimiques (chlore, ozone, gaz désinfectant) sont utilisés pour agir sur les métaux et pour détruire les germes. Enfin, des procédés de neutralisation ou d’acidification permettent de contrôler le pH de l’eau.

- Procédés biologiques. Certaines cultures bactériennes mises en contact avec l’eau éliminent des éléments indésirables.

- Les paramètres. L’eau potable est le produit alimentaire le plus surveillé. Ainsi, les normes de qualité de l’eau potable sont très rigoureuses. Elles consistent en 63 paramètres divisés en 7 groupes et contrôlés régulièrement afin que sa qualité soit conforme aux normes définies par le ministère de la Santé et le Parlement Européen. Les paramètres étudiés sont les suivants :

  1. Paramètres organoleptiques (couleur, saveur et transparence de l’eau)
  2. Paramètres physico-chimiques (caractéristiques naturelles de l’eau : température, conductivité, pH...)
  3. Paramètres concernant les substances indésirables (teneur maîtrisée en fluor, nitrates...)
  4. Paramètres concernant les substances toxiques reconnues (doses infimes en plomb, chrome...)
  5. Paramètres microbiologiques (absence de bactéries et de virus pathogènes)
  6. Pesticides et produits apparentés (doses infimes)
  7. Paramètres concernant les eaux adoucies ou déminéralisées (teneur minimale en calcium, magnésium, carbonate ou bicarbonate)
    • Critères de potabilité

Pour être consommée, l’eau doit répondre à des critères de qualité très stricts. Fixés par le ministère de la santé avec le Conseil Supérieur du secteur d’Hygiène Publique de France les critères d’une eau "propre à la consommation" sont au nombre de 63 ! Ils portent sur :

  • La qualité microbiologique : l’eau ne doit contenir ni parasite, ni virus, ni bactérie pathogène.
  • La qualité chimique : les substances chimiques autres que les sels minéraux font l’objet de normes très sévères. Ces substances sont dites "indésirables" ou "toxiques". Elles sont recherchées à l’état de trace (millionième de gramme par litre). Ces normes sont établies sur la base d’une consommation journalière normale, pendant toute la vie.
  • La qualité physique et gustative (les paramètres organoleptiques) : l’eau doit être limpide, claire, aérée et ne doit présenter ni saveur ni odeur désagréable. Précisons, cependant qu’une eau qui ne satisfait pas pleinement à ces critères ne présente pas forcément de risque pour la santé.
  • Les substances "indésirables" : leur présence est tolérée tant qu’elle reste inférieure à un certain seuil (le fluor et les nitrates par exemple).
  • Les substances aux effets toxiques : le plomb et le chrome en font partie. Les teneurs tolérées sont extrêmement faibles, parfois de l’ordre du millionième de gramme par litre.
  • Les eaux adoucies ou déminéralisées : les eaux traitées par un adoucisseur d’eau doivent contenir une teneur minimale en calcium ou en magnésium (dureté), de même qu’en carbonate ou en bicarbonate (alcalinité).

Le contrôle est effectué sur l’ensemble du système de distribution : points de captage, stations de traitement, réservoirs et réseaux, et il s’accompagne de prélèvements d’échantillons d’eau. Ceux-ci sont analysés par des laboratoires agréés par le Ministère chargé de la Santé.

  • Le contrôle de la qualité de l’eau

Le contrôle de la qualité de l’eau distribuée est assuré par le Ministère chargé de la Santé et ses services (Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales ou DDASS). Le contrôle est effectué sur l’ensemble du système de distribution : points de captage, stations de traitement, réservoirs et réseaux, et il s’accompagne de prélèvements d’échantillons d’eau. Ceux-ci sont analysés par des laboratoires agréés par le Ministère chargé de la Santé. De plus, les distributeurs d’eau effectuent leur propre auto-surveillance. L’ensemble de ces dispositions permet d’assurer à tout moment la livraison d’une eau conforme à la réglementation qui protège la santé du consommateur.

    • L’eau protégée

Les eaux souterraines et superficielles captées pour l’alimentation sont protégées par des périmètres de protection définis réglementairement autour des points de prélèvement. Ces périmètres délimitent les zones de protection immédiate, rapprochée et parfois éloignée. La protection immédiate vise à éliminer tout risque de contamination directe de l’eau captée ; le terrain correspondant est acquis par le propriétaire du captage et doit être clôturé. Dans les zones de protection rapprochée, outre la réglementation générale, des dispositions particulières concernant les activités humaines et les rejets peuvent être adoptées par arrêté préfectoral. Les périmètres de protection sont définis sur proposition d’hydrogéologues agréés en matière d’hygiène publique.

    • Une politique européenne

L’Organisation Mondiale de la Santé a publié des recommandations sur la qualité des eaux d’alimentation. Des dispositions européennes (directive n°80-778 du 15 juillet 1980) s’imposent, en outre, à tous les Etats membres de l’Union Européenne : normes de qualité, obligations de contrôle. Ces recommandations et directives sont prises en compte dans la réglementation française élaborée dans ce domaine. D’une manière générale, la réglementation française est plus stricte que la réglementation européenne.