Édito newsletter mai 2026 n°6

« Chères lectrices, chers lecteurs,
L’année 2025 a marqué une étape importante pour la politique de l’eau dans notre bassin Artois-Picardie. Avec l’adoption de l’état des lieux, nous disposons désormais d’un diagnostic clair, partagé et exigeant pour préparer l’avenir.
Ce travail, réalisé dans le cadre de la directive-cadre sur l’eau, dresse un constat lucide : malgré des progrès réels accomplis depuis plusieurs décennies, l’état de nos milieux aquatiques reste préoccupant. Aujourd’hui, seuls 12 % des eaux de surface atteignent le bon état écologique, tandis que la majorité demeure dans un état moyen. Les eaux souterraines présentent quant à elles une situation contrastée, avec un bon état quantitatif largement majoritaire, mais un état chimique encore dégradé.
Ces résultats doivent collectivement nous interpeller. Ils traduisent l’impact persistant des pressions exercées par les activités humaines – pollutions diffuses, rejets urbains et industriels, altérations des cours d’eau ou encore prélèvements – auxquelles s’ajoutent désormais les effets amplificateurs du changement climatique.
Car le dérèglement climatique est déjà à l’œuvre sur notre territoire : sécheresses plus fréquentes, tensions accrues sur la ressource, perturbation du fonctionnement naturel des écosystèmes. Ces évolutions renforcent l’urgence d’agir et nous obligent à repenser durablement notre gestion de l’eau.
Pour autant, ce diagnostic ne doit pas être source de découragement. Il témoigne aussi des avancées permises par l’action collective : amélioration de certains paramètres de qualité, mobilisation des acteurs, structuration des politiques publiques. Mais ces efforts, bien qu’indispensables, ne suffisent plus à atteindre les objectifs fixés.
L’enjeu est désormais clair : accélérer, amplifier et transformer notre action. Le futur SDAGE 2028-2033 devra répondre à cette ambition en ciblant les leviers les plus efficaces et en accompagnant les territoires les plus exposés.
Au-delà des acteurs de l’eau, c’est bien l’ensemble de la société qui doit être mobilisé. Car l’eau est au cœur de nos équilibres économiques, sanitaires et environnementaux. Le coût de l’inaction serait considérable, bien supérieur à celui des efforts à engager aujourd’hui.
Plus que jamais, nous avons besoin d’une mobilisation collective, d’une vision partagée et d’une volonté renforcée pour préserver cette ressource essentielle.
Ensemble, poursuivons et intensifions nos actions pour garantir une gestion durable de l’eau et des milieux aquatiques, au service des générations présentes et futures.
Bonne lecture à toutes et à tous. »
Isabelle Matykowski



