Publié : Le 07/07/2025
- Actualisé le
12/12/2025

Conférence nationale sur l’eau « L’eau dans nos territoires » : construisons ensemble une politique à la hauteur des enjeux !

Face au changement climatique, à la raréfaction de la ressource et à la multiplication des tensions autour de son usage, l’eau, par son manque, son excès ou sa qualité, est devenue un enjeu pour notre santé, notre cohésion sociale, mais aussi pour l’avenir de nos territoires. Pour y répondre, le gouvernement a lancé la Conférence « L’eau dans nos territoires » , une démarche inédite de concertation associant l’ensemble des parties prenantes, afin d’identifier des leviers d’action ambitieux, partagés et adaptés à la diversité des réalités locales.

7 thématiques clés pour penser et agir

Les travaux de la conférence se sont organisés autour de 7 thématiques majeures, permettant d’aborder l’ensemble du cycle de l’eau, depuis sa préservation jusqu’à la gouvernance :

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Co-construire une vision partagée pour l’avenir de l’eau

Cette démarche « L’eau dans nos territoires » a visé à identifier, avec les contributions d’acteurs publics, privés, associatifs et citoyens, des propositions d’action, des bonnes pratiques à généraliser et des ajustements réglementaires voire législatifs à mener pour accélérer ou compléter les démarches en cours. Elle s’est articulée autour d’ateliers, de rencontres territoriales, de forums thématiques, qui ont servi de supports à la réflexion collective.

 

La DREAL Hauts-de-France et l’agence de l’eau Artois-Picardie, chargés de la mise en œuvre de la conférence, ont privilégié une diversité de dispositifs participatifs, combinant ateliers, plateforme en ligne et courriers spontanés. Cette approche, mise en œuvre de juillet à octobre 2025, a permis de donner la parole à tous les usagers, de leur donner l’occasion de pouvoir s’exprimer et de proposer des propositions concrètes en faveur d’une meilleure gestion et préservation de la ressource en eau.

L’organisation de la conférence s’est plus particulièrement appuyée sur les dispositifs suivants :

 

Trois conférences territoriales sur l’eau réunissant près de 200 participants. Cliquez sur l'image pour voir la frise chronologique :

 

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  • Un atelier « Agir pour la transition » coorganisé par l’Agence de l’Eau et l’ADEME le 5 septembre 2025, en partenariat avec l’ARS et la DREAL sur la protection des captages d’eau potable et la mobilisation des élus face aux pollutions diffuses. Il a réuni environ 80 participants, dont une quarantaine d’élus, ainsi que des représentants de l’État, des collectivités, du monde agricole, des agences et des parcs naturels.

 

 

  • Une réunion des présidents de commissions locales de l’eau (CLE) le 26 septembre 2025 centrée sur les enjeux de gouvernance et l’engagement des acteurs dans le domaine de l’eau.

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  • Une académie de l’eau organisée à Arras le 16 octobre 2025 par l’Agence de l’Eau Artois-Picardie, sur le thème du financement des politiques de l’eau, intitulée « L’eau à tout prix : doit-on réinventer le financement des politiques de l’eau ? ». Elle a réuni plus d’une centaine de participants.

    

   Retrouvez en replay la 7ème Académie de l'Eau - "L'eau à tout prix"

 

Une large mobilisation : de conférences des parties (COP) départementales, des retours d’expérience et une plateforme citoyenne

Les COP départementales, organisées en format présentiel ou webinaire par les préfectures de département, ont également permis d’identifier les enjeux locaux d’adaptation au changement climatique.
Les enseignements tirés de la crise des inondations 2023–2024 dans le Pas-de-Calais,
dans le cadre de la démarche résilience portée par l’Etat, ont également nourri les propositions sur la gestion des risques.

De juillet à septembre 2025, une plateforme participative a recueilli des contributions du public, principalement autour de la qualité de l’eau, du financement, de la gestion des risques et de la mobilisation des acteurs.

 

Un ensemble riche de propositions pour agir

Au total, une cinquantaine de propositions ont émergé, couvrant les sept thématiques définies par la note de cadrage nationale du ministère de la Transition écologique.

Parmi celles-ci, vingt propositions ont été retenues, car jugées les plus pertinentes et abouties. Ces propositions ont été validées dans leur principe en séance plénière du comité de bassin le 17 octobre 2025 puis retravaillées par un groupe de travail émanant de cette instance le 5 novembre 2025. Ce dernier a affiné chacune d’elles afin de soumettre un ensemble de propositions qui reflètent les spécificités du bassin, telles que la provenance de l’eau potable : 90 % de l’eau utilisée provient de la nappe, ce qui impose une politique de gestion particulièrement exigeante. Les échanges ont également souligné la progression importante de l’irrigation, les besoins industriels nouveaux, les enjeux propres aux zones rurales et la place de l’assainissement non collectif — ainsi que la place essentielle des zones humides, nombreuses dans la région.

 

Les échanges ont permis de faire émerger des priorités communes, en rappelant notamment l’importance d’assurer la cohérence entre les différentes politiques publiques et de les évaluer à l’aune de leur rapport coût/bénéfice lors de leur élaboration, mais également de respecter le principe de “l’eau paie l’eau”. La déclinaison de la Conférence sur l’eau au niveau des bassins a renforcé, ou en tout cas mis en évidence, l’attachement à ces principes.

 

Retrouvez les 20 propositions détaillées par thématique. Cliquez sur l'image pour retrouvez toutes les propositions :

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Pour chaque thématique, on peut résumer les vingt propositions de la façon suivante :

•          Sur la thématique des captages d’eau : permettre une meilleure rémunération des pratiques agricoles durables et favorables à la protection de l’eau afin de sécuriser les transitions et encourager le changement de pratiques, la nécessité de mobiliser et de renforcer les leviers fonciers pour protéger les captages d’eau potable ou encore le développement des solutions fondées sur la nature (SFN).

 

•           Sur la thématique du financement de la politique de l’eau : repenser le financement de la politique de l’eau en respectant les principes de pollueur-payeur et de préleveur-payeur, tout préservant la capacité d’action des agences. Ces évolutions du financement peuvent consister à encourager la mise en place d’une tarification plus incitative à travers la mise en place d’une tarification différenciée selon les usages pour décourager les comportements excessifs, mettre en place une tarification progressive en fonction du niveau de consommation, instaurer une tarification saisonnière de l’eau… Ces mesures ont fait l’objet d’un large consensus mais il a été également souligné qu’elles ne pouvaient pas être mises en place sans mesures complémentaires telle que l’instauration d’une tarification sociale afin de limiter l’impact social d’une hausse du prix de l’eau.

 

•           Sur la thématique de la gouvernance de l’eau : faire évoluer la gouvernance en élargissant les instances de décision à de nouveaux participants pour une gouvernance plus ouverte et renforcer le dialogue territorial. De plus, il a été proposé de mieux associer les structures de gouvernance de la politique de l’eau à la planification de l’urbanisme. Enfin il est apparu nécessaire de mettre en cohérence la PAC ainsi que les autres politiques sectorielles (urbanisme, aménagement du territoire...) avec les politiques publiques relatives à l’eau, afin qu’aucune de ces politiques ne porte atteinte à la ressource en eau ni ne contrevienne aux objectifs de protection et de gestion durable fixés dans le cadre des politiques de l’eau.

 

•           Sur la thématique de la mobilisation des acteurs : développer et structurer des filières agricoles locales rémunératrices et durables afin de favoriser la consommation de produits plus respectueux de l’environnement et d’inciter les agriculteurs à s’engager dans des pratiques plus résilientes, en leur garantissant un accompagnement durable dans cette évolution, par un soutien accru via la PAC mais également les projets de territoires. Par ailleurs, il est recommandé de renforcer les compétences locales en développant la formation des élus mais aussi plus largement des usagers et des jeunes dans les établissements scolaires.

 

•           Sur la thématique de la gestion et de l’anticipation des risques : réviser certains aspects de la taxe GEMAPI et développer une solidarité plus forte entre l’amont et l’aval d’un même bassin versant.

 

•           Sur la thématique du partage de la ressource sur le territoire : favoriser les économies d’eau dans les secteurs les plus consommateurs d’eau en accélérant les soutiens à la R&D pour le développement de process économes en eau, en développant la gestion volumétrique de l’eau en agriculture ou encore en développant la réalisation d’études technico-économiques dans les industries. Il a aussi été largement proposé d’inciter, pour les constructions neuves de particuliers et d’entreprises, la gestion des eaux pluviales en privilégiant les dispositifs permettant l’infiltration sur la parcelle et l’objectif de zéro rejet vers le réseau public.

 

Cette démarche a été largement appréciée par l’ensemble des parties prenantes ; un réel besoin d’écoute, de concertation et d’inclusion s’est exprimée. En partant du terrain, la conférence L’eau dans nos territoires, a permis de faire remonter des propositions concrètes et réalistes au niveau national – illustrant la force du dialogue local au service d’une politique de l’eau plus durable.