Qualité de l’eau en Artois-Picardie : 50 ans d’engagement et une nouvelle vision pour l’avenir
L’eau est une ressource précieuse, indispensable à la vie, à l’économie et aux écosystèmes. En Artois-Picardie, l’agence de l’eau et ses partenaires œuvrent depuis plus de 60 ans pour préserver et améliorer sa qualité, dans le cadre de la Directive européenne Cadre sur l’Eau (DCE). Malgré des progrès visibles, les défis restent nombreux, et les résultats semblent parfois stagner. Les effets du changement climatique accentuent les pressions. Pour mieux comprendre cette dynamique et affiner les stratégies futures, une étude inédite a été menée entre 2024 et 2025, révélant à la fois les avancées réelles et les enjeux persistants.
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Un suivi rigoureux pour une eau de qualité
Chaque année, l’Agence de l’eau Artois-Picardie surveille et évalue l’état des eaux souterraines, des rivières, des lacs et des eaux côtières à travers un réseau de plusieurs centaines de stations de mesure. Ces données permettent de :
- Contrôler la qualité de l’eau et la présence de polluants (nitrates, pesticides, métaux lourds, etc.),
- Évaluer l’état des milieux aquatiques (faune, flore, habitats),
- Evaluer l’efficacité des actions entreprises pour réduire les pressions (agriculture, industrie, urbanisation) et réorienter notre politique d’intervention.
Les résultats sont consultables via les bases nationales de données, des cartes interactives et des rapports annuels, offrant une transparence totale sur la qualité de l’eau sur le bassin.
Plus de 50 ans d’actions : quel bilan ?
Malgré les efforts continus déployés depuis les années 1970, le pourcentage de masses d’eau de surface en bon état écologique peine à progresser selon le thermomètre d’évaluation actuel mis en œuvre dans le cadre de la DCE. Pour expliquer cette apparente stagnation et mieux mesurer les progrès, l’Agence a lancé en 2023 une étude approfondie sur l’ensemble des données qualité disponibles depuis plus de 50 ans, confiée au bureau d’études ANTEA.
Menée sur 18 mois (de mai 2024 à octobre 2025), cette analyse a permis de :
- Comparer les méthologies utilisées depuis 50 ans pour évaluer la qualité des eaux de surface,
- Neutraliser les biais liés aux changements de critères pour observer les tendances sur des longues chroniques,
- Proposer des indicateurs complémentaires pour affiner le diagnostic, notamment sur les masses d’eau proches du bon état.
Les principaux enseignements
L’étude, basée sur 72 stations de mesure représentatives, révèle que :
- Une amélioration globale est visible sur 50 ans, mais elle est masquée par les changements de méthodes d’évaluation depuis 2010.
- Les nitrates restent un sujet de vigilance : bien que les concentrations actuelles respectent le seuil de bon état (qui est un seuil sanitaire), une tendance à la dégradation se profile, nécessitant des actions renforcées.
- Certaines masses d’eau actuellement en état moyen se rapprochent des seuils de bon état et ce sont ces masses d’eau sur lesquelles la reconquête du bon état peut prendre moins de temps.
Pour aller plus loin :
| Visionner le webinaire de présentation des résultats |
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| Télécharger la synthèse de l’étude |
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Pourquoi cette étude change la donne ?
Cette analyse offre une vision longue et objective des progrès réalisés, au-delà des fluctuations méthodologiques. Elle permet :
✔ D’identifier les vraies avancées en matière de qualité de l’eau,
✔ De cibler les priorités, comme la lutte contre les nitrates ou la restauration des milieux dégradés,
✔ D’adapter les politiques publiques pour accélérer l’atteinte du bon état écologique.
Et demain ?
Les résultats de cette étude alimenteront le prochain SDAGE (2027-2032) et guideront les actions futures pour une eau toujours plus saine en Artois-Picardie. Parmi les pistes envisagées :
- Renforcer les partenariats avec les agriculteurs pour réduire les intrants,
- Amplifier avec les collectivités, acteurs évonomiques les actions de renaturation et gestion des eaux pluviales,
- Développer des solutions fondées sur la nature (zones humides, haies, etc.), pour permettre l'infiltration de l'eau,
- Favoriser les comportements sobres e, eau pour tous les acteurs
- Anticiper les impacts du changement climatique sur les ressources en eau.
Comment agir au quotidien ?
La qualité de l’eau dépend aussi de nos gestes :
- Limiter les pollutions (éviter les produits chimiques, bien trier ses déchets),
- Préserver les milieux naturels (ne pas jeter de mégots, respecter les zones protégées).




