Publié : Le 10/04/2019
- Actualisé le 02/12/2019

Le point sur la sécheresse dans le bassin Artois-Picardie

Depuis le 9 avril 2019, le département du nord a été placé en alerte sécheresse. Ont suivi d'autres arrêtés sur l'ensemble des départements du bassin Artois-Picardie. Le point sur la situation:

 

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Alerte sécheresse

L’objectif de cette mesure est d’alerter sur la sensibilité de la ressource en eau et inviter tous les usagers de l’eau à une utilisation économe de l’eau.

Une situation récurrente, pour le département du Nord

Le constat du niveau bas des nappes phréatiques dès avril, couplé au déficit pluviométrique persistant, à des températures elevées et à la diminution des débits des cours d’eau, a entraîné la prise rapide et évolutive de mesures de restriction pour l’ensemble des bassins versants du département dès le printemps puis à trois reprises au cours de l’été (les bassins versants de l’Yser, de la Scarpe Aval, de la Scarpe Amont, Sensée et Escaut).
La période estivale, avec un épisode de canicule record en juillet, a accentué le phénomène de sécheresse.
Des mesures de préservation de la ressource en eau étendues à l’ensemble du département du Nord. La situation inédite a amené le préfet du Nord à placer le 25 septembre l’ensemble du département en alerte sécheresse renforcée jusqu’au 30 novembre prochain.


En particulier, sur les bassins versants placés en alerte renforcée, de nouvelles dispositions concernant les prélèvements sur des voies d'eau sont prises à l'article 3bis-4.


Les services de l’État sont mobilisés pour faire respecter les dispositions de l’arrêté. Des contrôles sont réalisés sur tout le territoire pour s’en assurer. En cas de non-respect, des sanctions pénales seront prises.

Rappel : c’est en principe en hiver que se rechargent les nappes phréatiques. Or cet hiver 2018-2019  a présenté un déficit pluviométrique de 20% par rapport à la normale. De plus, le mois de février a été particulièrement sec et ensoleillé suivi d’un mois de mars peu pluvieux. Des conditions qui entrainent par endroit un seuil d’étiage historiquement bas qui peut faire apparaitre des risques de pollution de l’eau et de manque d’eau.
Il est ainsi nécessaire d’anticiper toute dégradation supplémentaire du niveau des nappes  afin de préserver l’état qualitatif et quantitatif de la ressource en eau pour en permettre  les usages prioritaires.

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la sécheresse dans le département du nord - mesures de restriction

       

Pour le département du Pas-de-Calais

Les déficits pluviométriques répétés depuis 2017 et la mauvaise recharge des nappes l’hiver dernier ont conduit M. Fabien SUDRY, Préfet du Pas-de-Calais à placer le département du Pas-de-Calais en vigilance sécheresse dès le 4 avril 2019.
Le déficit pluviométrique persistant et les perspectives défavorables pour les prochains jours laissent entrevoir une dégradation de la situation. Le niveau des nappes est bas. Des difficultés sont à craindre sur certains captages qui obligeront les exploitants à avoir recours à des solutions de secours. Les débits des cours d’eau diminuent rapidement avec des assecs précoces en tête de bassin.
Au vu de cette situation et après avis du comité de concertation réuni le 10 juillet 2019, M. Fabien SUDRY, Préfet du Pas-de-Calais, a déclaré le département du Pas-de-Calais en situation d’alerte sécheresse, à l’exception des bassins versants de la Canche et de l’Authie qui reste à l’état de vigilance.

 

Pour le département de la Somme
Tout comme ses voisins, dans un contexte hydrologique déficitaire, le préfet de la Somme a signé plusieurs arrêtés préfectoraux en juillet et en août 2019 couvrant plusieurs bassins hydrographiques du département et prescrivant des mesures coordonnées de surveillance et de limitation des usages de l’eau:
- est placé en alerte, le  bassin  versant  de la Bresle
- est placé en état de crise, le bassin de la Maye
- sont placé en vigilance, les bassins versants de l'Avre et de la Somme amont.
 
Pour le département de l'Oise

Au 16 septembre 2019, la situation des bassins pour le département de l’Oise s’établit de la manière suivante :
- Sont placés en état d'alerte, les bassins de la Bresle et de Matz
- sont placés en vigilance, les bassins Automne-Sainte-Marie, Brèche, Nonette-Thève, Epte-Troësne-Viosne, Avre-Haute-Somme-Noye-Trois-Doms et Oise-Aisne
- sont placés en situation de crise, les bassins Aronde et Divette-Verse

 

Quelles conséquences pour l'eau ?
  • Une concentration plus importante et plus rapide des polluants potentiellement présents dans l’eau
  • Le manque d’oxygène et l’augmentation de la température de l’eau mettent en péril l’écosystème aquatique
  • Le manque d’eau peut impacter les usagers et les activités économiques du département.

 

Tous concernés par les mesures de restriction de consommation

L’eau fait partie du patrimoine commun de la Nation. C’est un bien précieux pour tous les citoyens qui doivent faire preuve de civisme pour éviter de porter atteinte à cette ressource en état de fragilité.

Tous les usagers de l’eau, particuliers, industriels et agricoles, sont ainsi appelés à diminuer leurs prélèvements dans le milieu naturel.

 

La situation de crise impose notamment :

les usages de l’eau sur les communes concernées sont limités à la satisfaction des besoins essentiels en vue d’assurer notamment la santé, la salubrité et la sécurité publiques. Les usages à finalité économique sont limités à leur strict minimum. Toute consommation d’eau à des fins d’agrément, d’ornement ou de loisir est interdit. Ces limitations s’appliquent à tous les usagers (particuliers, collectivités, secteurs artisanaux, industriels et agricoles).

La situation d’alerte renforcée impose notamment :

- Pour les particuliers et les collectivités, d’interdire l’arrosage des pelouses, des espaces verts ou des terrains de sport, et le remplissage des piscines familiales, et de limiter l’arrosage des jardins potagers.

- Pour les industriels, de tendre vers une réduction de consommation d’eau de l’ordre de 20 %.

- Pour les agriculteurs, une interdiction de l’irrigation des cultures les mardis, jeudis, samedis et dimanches entre 10h00 et 19h00, et tous les jours aux mêmes heures en période de canicule de niveau orange ou rouge.

- Une interdiction des nouveaux prélèvements dans les voies d’eau, sauf pour un usage agricole et dans certaines conditions, notamment une déclaration préalable est nécessaire.

La situation d’alerte impose entre autres :

- Pour les particuliers et les collectivités, de limiter l’arrosage des pelouses, des espaces verts ou des terrains de sport, de restreindre le remplissage des piscines privées et d’interdire le lavage des voitures en dehors des centres spécialisés.

- Pour les industriels, de tendre vers une réduction de consommation d’eau de l’ordre de 10 %.

- Pour les agriculteurs, une interdiction de l’irrigation des cultures les samedis et dimanches entre 10h00 et 18h00 et tous les jours aux mêmes heures en période de canicule de niveau orange ou rouge.

- remplissage des plans d'eau sous conditions".

 

 

 

 

Les niveaux de vigilance gradués
  • Vigilance sécheresse : information et incitation des particuliers et de professionnels à faire des économies d’eau
  • Alerte sécheresse : limitation des prélèvements à des fins industrielles et agricoles, mesures d’interdictions de remplissage de plans d’eau, et de certains usages, comme le levage de voitures
  • Alerte renforcée sécheresse : réduction renforcée des prélèvements industriels et agricoles, forte limitation des prélèvements pour l’arrosage des jardins, espace verts, golfs, lavage de voitures, jusqu’à l’interdiction de certains prélèvements.
  • Crise sécheresse : Arrêt des prélèvements non prioritaires, y compris des prélèvements à des fins agricoles. Seuls les prélèvements permettant d’assurer l’exercice des usages prioritaires sont autorisés (santé, sécurité  civile, eau potable, salubrité).

 

Retrouvez le communiqué de presse du Ministère de la Transition écologique et solidaire du 23 juillet 2019 :  Sécheresse - Elisabeth Borne et Emmanuelle Wargon ont réuni ce jour et pour la seconde fois cette année le Comité de suivi hydrologique

 

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